Mâle en aquarium
Andinoacara rivulatus mâle dans l'aquarium d'Alf Stalsberg [Norvège].Photo de Alf Stalsberg. identifié par Rico Morgenstern

Famille
Cichlidae

Sous-famille
Cichlinae

Tribu
Cichlasomatini

Genre
Andinoacara

Statut
valide


Rédacteur

Publié:

Dernière mise à jour le:
19-juin-2010

Andinoacara rivulatus (Günther, 1860)


Traducteur: Philippe Burnel (21-juin-2010)

Décrit initialement sous Chromis rivulata:

ZooBank:74C45DF9-5951-4991-A282-51FE21DD1D7F.

  • Günther, Albert C. L. G. 1860. "Second list of cold-blooded vertebrata collected by Mr. Fraser in the Andes of western Ecuador". Proceedings of the General Meetings for Scientific Business of the Zoological Society of London. 1859 (pt 27), pp:402-420 (crc00005)

Synonymes (1):

Histoire de nomenclature:

Répartition par pays:

Étymologie: rivulatus = pourvu de petits ruisseaux (Latin) ; en référence aux rayures bleues pré-orbitales et sur les joues.

Nom commun: Goldsaumbuntbarsch (commercial, German), Green Terror (commercial, English), Orangesaumbuntbarsch (commercial, German), Vieja (native, Spanish).

Types:

The lectotype, BMNH 1860.6.18:13, and three paralectotypes, BMNH 1860.6.18: 14-16 are deposited in the Natural History Museum, London (formerly British Museum of Natural History). Two further paralectotypes are stored in the Museum für Naturkunde, Berlin (formerly Zoologisches Museum) under the registration number ZMB 2809 (Paepke & Schindler, in prep.). The lectotype was designated by Wijkmark & al. (2012). A previous lectotype designation by Regan (1905) is invalid, see comments.

Diagnose: Andinoacara rivulatus est étroitement apparenté à A. stalsbergi. Les deux espèces diffèrent des autres Andinoacara par la forme générale des adultes (profil dorsal droit, nuque courbe, tendance au développement d'une gibbosité chez les mâles contre un profil de la tête plus convexe ; base de la nageoire dorsale presque droit contre légèrement courbe ; plus grande hauteur du corps sous la partie antérieure de la dorsale au lieu du milieu) ils atteignent une taille plus importante (plus de 200 mm de LT contre habituellement moins de 150 mm chez les mâles adultes), ils ont davantage de branchiospines sur le premier arc-branchial (9-10 contre généralement moins de 9) et absence de marques importantes sur la nuque. Andinoacara rivulatus se distingue de A. stalsbergi par des lèvres plus fines et des écailles marquées de noir en leur centre, ce qui forme des lignes longitudinales (au lieu d'écailles latérales bordée de noir, formant un patron mélanique réticulé). Chez la forme 'goldsaum', le liseré rouge-orangé sur la dorsale et la caudale est un autre caractère distinctif marquant, mais voir les commentaires ci-dessous (d'après Musilova & al. 2009 et des observations personnelles).

Taille: Les syntypes mesurent seulement 52-96 mm LT (Regan 1905), l'holotype d'Aequidens azurifer 133 mm, les plus grands spécimens examinés par Eingemann (1922) 207 mm. Toutefois, d'après des observations en milieu naturel et en aquarium, on sait que les mâles peuvent dépasser 30 cm LT. La maturité sexuelle est atteinte habituellement (en aquarium) à 8-10 cm LT, mais parfois des poissons beaucoup plus petits peuvent être complètement colorés et sexuellement actifs. C'est peut-être le résultat de la surpopulation dans les bacs de croissnace.

Dimorphisme sexuel: Les femelles restent 20% plus petites que les mâles, les rayons mous de leurs nageoires dorsale et anale sont moins effilés et la tendance à développer une bosse sur la nuque est moins marquée. Les mâles sont en général plus brillamment colorés, particulièrement les marques vert-doré sur les écailles et les liserés orange ou blancs des nageoires sont plus prononcés. La partie épineuse de la dorsale présente à patron mélanique de lignes obliques chez les mâles et presque uni chez les femelles. Pour terminer, les femelles ont des marques bleues sur la partie inférieure de la tête souvent (mais pas toujours) réunies en zones uniformément bleues.

Localité type: Andes à l'ouest de l'Equateur.

Distribution: Andinoacara rivulatus est largement réparti dans l'ouest de l'Equateur, du pied des Andes à la côte Pacifique, depuis le bassin de l'Esmeralda au Nord jusqu'aux rivières se jetant dans le Golfe de Guayaquil, incluant le Rio Tumbes à l'extrême nord-ouest du Pérou. Les données de localités plus au Sud au Pérou doivent être attribuées à A. stalsbergi. La présence possible au Nord du bassin de l'Esmeralda demande confirmation.

Bleher (non publié) et Stalsberg (2010) ont récolté Andinoacara rivulatusdans le Rio Nagaritza (Système du Rio Zamora, bassin supérieur de l'Amazone, sud-ouest de l'Equateur). Il reste à déterminer s'il s'agit d'une présence naturelle ou le résultat d'introductions.

Niewenhuizen (signalé par Stawikowski & Werner 1998) a observé l'espèce dans des eaux thermales de Budapest et aux alentour du lac Balaton (Hongrie).

Localités: Río Quininde (Equateur, indigène).

Biotope: Stawikowski & Werner (1998) ont trouvé Andinoacara rivulatus dans une grande variété d'habitats fluviaux, depuis les eaux claires et rapides des ruisseaux de montagne au pied des Andes jusqu'aux bassins résiduels, petits fossés, et eaux troubles des cours inférieurs des grandes rivières. Il a été observé sur des fonds de graviers, éboulis, sable, vase et feuilles immergées, parmi les branchages ou les plantes aquatiques. Andinoacara rivulatus a été rencontré dans la zone peu profonde du bord aussi bien que dans les courants forts et les profondes au milieu des rivières. Les grands sujets de plus de 20 cm LT ne se rencontrent que dans les eaux profondes. Les paramètres phsyico-chimique déterminés par Stawikowski & Werner sont très uniformes (température d'environ 25 °C, 1-2 ]C de moins dna sles régions d'altitude) ; pH environ 7 ; 3°de KH ; 1° de dGH) Andersen (1994) a toutefois trouvé des paramètres différents dasn le Rio Quinide (Bassin de l'Esmeralda) : pH 8,5 ; 0° KH ; 10°dGH; 190 µS/cm.

Alimentation: Pas de données disponibles. D'après les observations en aquarium, Andinoacara rivulatus est carnivore, se nourrissant probablement principalement d'invertébrés aquatiques, mais également capable d'attraper de petits poissons.

Reproduction: Andinoacara rivulatus est un pondeur sur substrat monogame qui semble préférer des sites de ponte découverts et horizontaux. En aquarium c'est généralement la partie supérieure d'une pierre plate ou un morceau de bois. Jusqu'à présent je n'ai jamais observé de couple pondant dans une grotte. le nombre d'oeufs varie entre 200 et plus de 600 en fonction de la taille et de l'état de la femelle. Les oeufs sont presque exclusivement gardés par la femelle alors que le mâle garde le territoire avec plus ou moins d'ardeur. Les larves, qui écloront environ 60-64 heures après la ponte (à 26 °C ; observations personnelles), sont déposées dans des trous relativement petits creusés entre les roches ou les racines de plantes et sont déplacées à plusieurs reprises. Le mâle participe à ces activités, sinon la répartition des rôles reste la même jusqu'au début de la nage libre environ cinq jours après l'éclosion. Les deux parents gardent les jeunes et les escortent dans leur territoire. En cas de danger supposé ou réel tel que l'approche d'un poisson ou même d'une personne le mâle commence des attaque vigoureuses pendant que la femelle met les jeunes hors de danger. la garde des jeune peut durer plusieurs semaines.

Les observations sur le terrain sont rares. Werner & Stawikowski (1985) ont remarqué que les couples reproducteurs préfèrent les bords. Dans un affluent du Rio Blanco (bassin supérieur de l'Esmeralda), Werner & Stawikowski (1998) ont observé de nombreux couples gardant des oeufs, larves et jeunes. La distance entre les territoires était de plusieurs mètres. Généralement la femelle prend soin de la ponte alors que le mâle fuit en cas de danger.

Maintenance: En Allemagne, Andinoacara rivulatus est apparu dans les milieux aquariophiles en 1979 ou 1980. En raison de sa coloration remarquable et son apparence impressionnante, il a rapidement atteint une grande popularité et c'est encore un des grands cichlidés les plus communs dans le commerce. Les données en provenance d'autre pays sont les bienvenues.

Andinoacara rivulatus n'est pas excessivement regardant quant aux paramètres de l'eau et à la nourriture. il ne mange pas les plantes et ne creuse pas beaucoup quand il se prépare à pondre, ainsi il n'y a pas besoin de ne pas mettre de plantes. Toutefois il ne peut pas être considéré comme un cichlidé pacifique. Son caractère est plus proche de celui des cichlidés centre-américains que de celui des 'Acaras' de l'est des Andes; les poisosns en reproduction sont très agressifs et donc très difficiles à maintenir avec d'autres cichlidés. Toutefois c'est possible si l'aquarium est assez grand (au moins 150cm), permet la constitution de territoires et si l'espèce cohabitante est capable de s'affirmer.

L'agressivité intraspécifique ne doit pas être sous estimée. La formation du couple est souvent accompagnée de morsures féroces et de prises de gueule, particulièrement si les partenaires sont de taille égale. Normalement ces querelles se calment avec la ponte, et une fois que les oeufs sont pondus les poissons s'occuperont de leur progéniture avec harmonie. Toutefois une perte de la ponte conduit souvent à des combats encore plus violents occasionnant souvent des blessures graves au poisson le plus faible. Les vieux poissons qui se sont reproduit plusieurs fois avec succès sont plus pacifiques l'un envers l'autre, ce qui permet e les garder et de les faire reproduire dans des aquariums relativement petits, toutefois les jeunes ne doivent pas être élevés dans le même aquarium. Des Characidés suffisamment grands pour ne pas servir de nourriture sont recommandés pour limiter le nombre de jeunes de façon naturelle.

Si l'on souhaite élever des jeunes, quelques-uns (pas tous) doivent être déplacés dans un bac séparé. Il n'est pas nécessaire d'en élever plusieurs centaines, 30-50 est plus que suffisant. Sinon, même un grand aquarium serait tôt ou tard surpeuplé et la croissance et la qualité des jeunes serait diminuées, sans parler du problème de tous les vendre ou même les donner.

Conservation: Andinoacara rivulatus n'est pas évalué par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature dans la Liste rouge des espèces menacées.

Commentaires: Andinoacara rivulatus a été longtemps considéré comme conspécifique de l'espèce décrite sous A. stalsbergi en raison de l'insuffisance des connaissances ou de la non prise en compte des caractères qui font maintenant qu'il est si faciles de distinguer ces deux espèces. En d'autres termes : personne ne savait que les Andinoacara équatoriens et péruviens étaient des espèces distinctes. Alors que le dernier fut introduits dans les années 70, il fut identifié, en accord avec les connaissances de l'époque comme Aequidens rivulatus.

Quand le "Goldsaum" est apparu en aquariophilie, il fut immédiatement reconnu comme espèce distincte. Toutefois, alors que absolument rien n'était connu de ses origines, l'espèce resta non identifiée et fut dénommé comme Aequidens sp.. Werner & Stawikowski (1985) furent les premiers à découvrir qu'en Equateur, d'où Andinoacara rivulatus et tous ses synonymes furent décrits, il n'y a que le "goldsaum". Ils conclurent donc que le "goldsaum" était A. rivulatus et que le "silbersaum" péruvien était une espèce non décrite.

Plus récemment, la question de l'identité de Andinoacara rivulatus se posa à nouveau. Alf Stalsberg de Norvège récolta une espèce légèrement différente dans le bassin de l'Esmeralada. D'après l'identification des poissons par Kullandercomme A. rivulatus et l'affirmation fausse que le rio Esmeralda constitue la localité type, il arriva à la conclusion qu'il s'agissait du véritable rivulatus et que le 'goldsaum"' était une autre espèce. Des hypothès suivirent, lequel des deux synonymes juniors s'appliquerait au dernier, et plus tard Stalsberg utilisa Andinoacara aequinoctialis comme nom valide pour le 'Goldsaum' sur son site internet, ce qui était déjà largement adopté par les aquariophiles nord-européens. Toutefois Schindler & Morgenstern (2010) ont démontré que cette conclusion ne pouvait pas se justifier :

(1) Quand il a séparé Acara equinoctialis de Andinoacara rivulatus, Regan (1905) a restreint le dernier au plus grand des cinq spécimens types supposés alors que les quatre restant furent désignés comme type du premier. Normalement cela devrait être considéré comme désignation de lectotype pour A. rivulata. Cependant un lectotype peut être choisi uniquement dans des syntypes et nous avons découvert que le spécimen en question n'appartient pas à la série type du Chromis rivulata de Günther. En conséquence la mesure de Regan est invalide et les quatre syntypes de A. aequinoctialis retrouvent leur statut de syntype de Andinoacara rivulatus faisant du premier un synonyme junior ne pouvant être utilisé pour une espèce supposée distincte.

(2) Comme la localité type n'est pas plus précise que 'Andes de l'ouest équatorien' d'après le titre de la description originale de Chromis rivulata il n'y a aucune justification à le restreindre au bassin du Rio Esmeralda. En effet, si les proportions corporelles ont vraiment une signification géographique (ce qui n'a pas été étudié), les types conrespondraient mieux aux formes du Sud.

(3) Il n'a, jusque là, pas été démontré de façon convaincante que la varéité du Rio Esmeralda est réellement une espèce différente du "goldsaum". Ils diffèrent principalement par l'aspect plus élancé et la coloration des liserés des nageoires du premier. La différence dans les proportions corporelles sont habituelles chez les espèces à large distribution et écologiquement versatiles et peuvent être le reflet à la fois d'écophénotype et de variation géographique. Bien que des populations avec des liserés uniquement blancs et orange ont été observées c'est souvent un caractère polymorphique. Des sujets avec des liserés blancs, jaune ou rouge-orange occupent le même habitat (i.e. Werner & Stawikowski 1985). De plus une telle variation est aussi connue chez d'autres Andinoacara. Une distinction spécifique basée sur un caractère si variable est certainement insuffisante, aussi je suggère d'attribuer aussi bien le "goldsaum" que la forme d'Esmeralda" à Andinoacara rivulatus jusqu'à nouvel ordre.

Références (13):

  • Boulenger, George Albert. 1899. "Viaggio del Dr. Enrico Festa nell'Ecuador e regioni vicine. Poissons de l'Équateur". Bolletino del Musei di Zoologia ed Anatomia Comparata della R. Università di Torino. 14 (335); pp. 1-8 (crc00345)
  • Eigenmann, Carl H & C. H. Kennedy. 1903. "On a collection of fishes from Paraguay, with a synopsis of the American genera of cichlids". Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia (crc00070)
  • Fowler, Henry W. 1911. "New fresh-water fishes from western Ecuador". Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia. v. 63; pp. 493-520 (crc01020)
  • Günther, Albert C. L. G. 1862. "Catalogue of the fishes in the British Museum. Catalogue of the Acanthopterygii, Pharyngognathi and Anacanthini in the collection of the British Museum". Catalogue of the fishes in the British Museum London. Vol 4; i-xxi + 1-534 (crc00035)
  • Günther, Albert C. L. G. 1860. "Second list of cold-blooded vertebrata collected by Mr. Fraser in the Andes of western Ecuador". Proceedings of the General Meetings for Scientific Business of the Zoological Society of London. 1859 (pt 27), pp:402-420 (crc00005)
  • Kullander, Sven. 2003. "Family Cichlidae (Cichlids)". Check list of the freshwater fishes of South and Central America. pp. 605-654 (crc01092)
  • Musilová, Zuzana & Oldrich Rican & J. Novak. 2009. "Phylogeny of the Neotropical cichlid fish tribe Cichlasomatini (Teleostei: Cichlidae) based on morphological and molecular data, with the description of a new genus". Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research. v. 47 (3): pp. 234–247 (crc01825) (résumé)
  • Regan, Charles Tate. 1905. "A revision of the fishes of the South-American cichlid genera Acara, Nannacara, Acaropsis, and Astronotus". Annals and Magazine of Natural History. (Ser. 7) v. 15: pp. 329-347 (crc00016)
  • Schindler, Ingo & R. Morgenstern. 2010. "Anmerkungen zur Taxonomie der Andinoacara-Arten". Deutsche Cichliden Gesellschaft- Informationen. v. 41 (no. 5) pp. 114–124 (crc02494)
  • Starks, E. C.. 1906. "On a collection of fishes made by P. O. Simons in Ecuador and Peru". Proceeding of the United States National Museum. v. 30; pp. 761-800. (crc02492)
  • Stawikowski, Rainer & U. Werner. 1998. "Die Buntbarsche Amerikas, Band1". Ulmer Verlag, Stuttgart (crc01090)
  • Werner, Uwe & R. Stawikowski. 1985. "Der Goldsaumbuntbarsch ist Aequidens rivulatus (Günther, 1859) - Überraschendes Ergebnis einer ichthyologischen Fangreise in Ekuador". Die Aquarien- und Terrarien-Zeitschrift (DATZ). v. 38 (no. 12); pp. 533-538 (crc02493)
  • Wijkmark, Nicklas & S. Kullander & R.E. Barriga Salazar. 2012. "Andinoacara blombergi, a new species from the río Esmeraldas basin in Ecuador and a review of A. rivulatus (Teleostei: Cichlidae)". Ichthyological Explorations of Freshwaters. v. 23(n. 2), pp. 117-137 (crc04621) (résumé)

Catalogues externes: Catalog of Fishes, Encyclopedia of Life, FishBase, ZooBank.

Citation:

Morgenstern, Rico. (juin 19, 2010). "Andinoacara rivulatus (Günther, 1860)". Cichlid Room Companion. Consulté le juillet 17, 2019, de: https://www.cichlidae.com/species.php?id=4&lang=fr.